Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

LOS ANGELES 1994 - Black Sunday sur Venice Beach

par Yves MAILLIERE 5 Août 2013, 07:49 ETATS-UNIS

LOS ANGELES 1994 - Black Sunday sur Venice Beach

La meilleure amie d’une amie qui se marie à Las Vegas avec un vétéran du Vietnam « Black », serveur au « Bad Boys », un snack sur Vénice Beach tenu par un ancien caïd de la Mafia, cela ne s’invente pas ! Il ne m’en fallait pas plus pour débarquer à Los Angeles au début de l’Eté 1994 afin d’être le témoin de mariage d’un couple que je ne connais pas.

LOS ANGELES 1994 - Black Sunday sur Venice Beach

Venice Beach le matin...

LOS ANGELES 1994 - Black Sunday sur Venice Beach

Breakfast avant d'aller travailler au snack le Bad Boys

Mike, vétéran de la guerre du Viet Nam, vit au dernier étage d’un immeuble donnant sur « Muscle Beach », au bout de Vénice Beach, près d’un centre de musculation en plein air. L’immeuble est rendu célèbre par l’immense fresque de Jim Morisson posant sur l’un de ses flancs… Avant d’aller travailler au Bad Boys, Mike aime prendre son café en contemplant l’Océan Pacifique de la fenêtre de son appartement. « De temps en temps, je vois des dauphins » me dit-il…

LOS ANGELES 1994 - Black Sunday sur Venice Beach

Venice au petit matin...

LOS ANGELES 1994 - Black Sunday sur Venice Beach

Venice s’éveille...

LOS ANGELES 1994 - Black Sunday sur Venice Beach

Chaque matin, tandis que Vénice s'éveille, Mike observe l'Océan Pacifique de sa fenêtre avant d'aller travailler au Bad Boy. "parfois, je vois des dauphins, me dit-il".

Le « Bad Boys » est un pas de porte idéalement placé sur Vénice Beach. Une « pompe à Cash », achetée il y a 6 mois par « Gazzi », un personnage jovial et rondouillard au sourire carnassier, dont on raconte qu’il est un ancien caïd de la Mafia italienne. Toujours est-il que deux caricatures de « portes flingues » en costume rayé et chapeau noir, campent tous les jours à l’une des deux tables du « Bad Boys », pour bien faire comprendre aux apprentis braqueurs et racketeurs potentiels, qu’ils doivent passer leur chemin.

LOS ANGELES 1994 - Black Sunday sur Venice Beach

Serveur au bad Boys...

LOS ANGELES 1994 - Black Sunday sur Venice Beach

Patrouilles de Police sur Venice, devant le Bad Boys

LOS ANGELES 1994 - Black Sunday sur Venice Beach

Venice, Harry Perry, le célèbre Guitariste à Roller arrêtant les passants pour leurs vendre ses CD devant le Bad Boys où Mike travaille comme serveur.

Nous sommes au début de l’Eté 1994, en plein procès d’O.J. SIMPSON, célèbre footballer américain à la carrière riche en succès chez les Buffalo Bills, et acteur de second rôle au cinéma (capricorne one, la tour infernale, y a-t-il un flic pour…). OJ SIMPSON est accusé d’avoir assassiné son ex femme et son amant en Avril 1994 dans un bain de sang. Sur le papier, tout l’accuse ! Le « fait divers » oppose les blancs qui le croient coupables, et les noirs qui crient au complot. Elle oppose naturellement Gazzi et Mike, le premier ne manquant pas une occasion de charrier « son second » sur le sujet...

LOS ANGELES 1994 - Black Sunday sur Venice Beach

Venice...

LOS ANGELES 1994 - Black Sunday sur Venice Beach

L'Effigie de Jim Morison, sur l'immeuble de Mike, où nous logeons, devant "Muscle Beach" au bout de Venice.

Au retour d’un de ses séjours à Las Vegas, ses « réunions de Famille » comme les appelle Mike en souriant, Gazzi change complètement d’attitude vis-à-vis du procès d’OJ SIMPSON. « Il paraît que tu sais bien écrire ? », me dit-il. Mon amie lui a raconté que j’écrits des reportages en France. Et il est vrai qu’à me fondre au fil des jours dans la vie de Vénice avec mon Nikon à l’épaule, tout le monde finit par me prendre pour un reporter.

LOS ANGELES 1994 - Black Sunday sur Venice Beach

Venice, le Squat du Parc

LOS ANGELES 1994 - Black Sunday sur Venice Beach

Venice, le Squat du Parc

LOS ANGELES 1994 - Black Sunday sur Venice Beach

Venice, le Squat du Parc

Gazzi a une « super idée de roman » qu’il me propose d’écrire pour en partager les droits avec lui. Je le regarde avec de grands yeux ?! « Ce serait l’histoire du procès d’un célèbre Basketteur et comédien noir américain, dont la Mafia aurait assassiné la femme et l’amant mafieux de sa femme en sa présence pour le faire accuser, le tout pour des histoires de dettes de jeux et de luttes de pouvoir. Le basketteur serait pris dans un étau, « condamné » à prouver son innocence pour ne pas aller en prison, sans pouvoir dire la vérité au risque de voir son fils et lui se faire également assassiner par la Mafia »… Ne me demandez pas pourquoi, mais j’ai préféré décliner ! Quelque mois plus tard, au terme d’un long procès controversé et très médiatisé, OJ SIMPSON sera finalement acquitté...

LOS ANGELES 1994 - Black Sunday sur Venice Beach

Visitant « Vénice by night » au milieu des squats tagués des S.D.F dans une ambiance de « New York 1997 », Mike me met en garde contre les dangers de L.A et les endroits où je ne dois pas traîner seul le soir. « J’ai un sixième sens pour sentir le danger… A force d’avoir combattu les VCs » me dit-il. Je ne sais pas s’il est sérieux, ou s’il cherche à impressionner le « Frenchie » fraichement débarqué de Paris. Certainement un peu des deux. « What is a Vicize ? » (avec mon accent français à couper au couteau). « The Viets Congs », me répond t-il en fronçant le sourcil à la Hérold Flynn.

LOS ANGELES 1994 - Black Sunday sur Venice Beach

Venice by Night...

C’est vrai que Los Angeles, en 1994, « ça craint » ! Certainement plus que tous les voyages que je ferai par la suite. Le jeu à la mode du moment, c’est le « Shoot and Run ». Un jeu que m’explique Mourad, un européen venu vivre le rêve américain, et qui s’est retrouvé « échoué » comme beaucoup d’autres sur Vénice. Le Shoot and Run, c’est un jeu de gang de Los Angeles. Les rues de la ville sont désertes le soir. Un vrai couvre feu, et pour cause ! Les gangs sortent en voiture à la nuit tombée, tire au hasard sur un passant, et filent dans un crissement de pneu. L’émission TV qui arrache toutes les audiences du moment s’appelle « Cops ». Mourad n’en rate pas une. « Cops » fait le décompte chaque soir des Shoot and Run de la veille, avec tous les détails les plus croustillants. Avec plus de 1000 Shoot and Run au milieu de l’été 1994, les Gangs sont en train de battre leur record de l’année précédente !!!

LOS ANGELES 1994 - Black Sunday sur Venice Beach

Mourad n’est pas banal (ci dessus à côté de Harry Perry, le célèbre Guitariste à Roller de Venice). Une vingtaine d’année, un physique de cinéma d’action, Mourad est musicien. Originaire de la banlieue de Marseille, il a quitté « son groupe de copains musicos » selon lui sans avenir, pour tenter sa chance seul « aux States ». Il donne des cours de Karaté pour payer ses enregistrements en studio. Mieux, n’ayant pas de « green card », il est en situation irrégulière et donne des cours de karaté sur le toit du « Los Angeles Police Department's beach SubStation », au cœur de Vénice, aux enfants des policiers, qui en contre partie le laissent tranquille. Lorsque je lui demande comment s’appelle le groupe de copains qu’il a quitté, il me répond qu’il s’appelait « I AM »… Mourad ne me croira jamais de tout le séjour lorsque je lui dirai que le groupe « I AM » explose le « top 50 » au même moment en France avec le cultissime « Je danse le MIA »… Cela étant, lorsqu’il les jugeait sans avenir, Mourad n’avait pas tout à fait tort !

LOS ANGELES 1994 - Black Sunday sur Venice Beach

Plage de Venice Beach...

LOS ANGELES 1994 - Black Sunday sur Venice Beach

Plage de Venice Beach...

Mourad vient tous les matins faire sa séance de yoga et de méditation sur la plage de Venice. Il vient se ressourcer face à l’Océan Pacifique pour « supporter les fous » comme il dit… Quelques jours plus tard, Mourad m’emmènera derrière Vénice sur le dernier lieu de Shoot and Run de la veille. « Regarde, Yves, des malades ! Ils ont shooté un inconnu qui téléphonait ! ». Tandis qu’il me montre les impacts de balles dans la cabine téléphonique, l’homme au téléphone, un rocker aux cheveux longs, commence à nous prendre à partie sans raison « what the fuck you’re looking for », « Get off !!! » « I’m gona kill you !»… « Des fous je te dis ! » me dit Mourad en dévisageant l’américain épais comme une tige de frein, à deux doigts de lui dévisser la tête pour lui apprendre les bonnes manières…

LOS ANGELES 1994 - Black Sunday sur Venice Beach

Shoot and Run sur une Cabine téléphonique

LOS ANGELES 1994 - Black Sunday sur Venice Beach

Venice Beach Hotel...

Les européens échoués sur Vénice, comme Mourad, commencent tous à travailler au Vénice Beach Hotel ci-dessus, une auberge de jeunesse reconnaissable à son grand mur face à la mer couvert de fresques. Les jeunes européens y sont exploités, logés et nourris en situation irrégulière. Il y a Mourad, qui partage sa chambre à quatre. Et il y a Roger, le suisse, pour qui le rêve américain existe. Roger a débarqué à Las Vegas avec un billet « Aller » et cinq mille Francs Suisse. Une fois perdus ses cinq mille Francs Suisse au jeu, Roger est venu faire quelques mois le ménage au Vénice Beach Hôtel, et a pris un crédit pour acheter un pas de porte à côté du Bad Boys pour y vendre des glaces l’Eté et des crêpes l’Hiver. Roger a fait fortune, s’est acheté la réplique de la voiture de « Starsky et Hutch », et nous l’aidons à emménager dans une superbe résidence de standing dans Los Angeles. Une histoire d’autant plus romanesque que Roger a obtenu son crédit et son « appartement de star » tout en étant lui aussi en situation irrégulière depuis plusieurs mois… Effarant !

LOS ANGELES 1994 - Black Sunday sur Venice Beach

Banlieue de Los Angeles...

LOS ANGELES 1994 - Black Sunday sur Venice Beach

Banlieue de Los Angeles...

LOS ANGELES 1994 - Black Sunday sur Venice Beach

Banlieue de Hollywood...

LOS ANGELES 1994 - Black Sunday sur Venice Beach

Traversée de Los Angeles via Hollywood, en route pour Las Vegas...

Le Mariage à Las Vegas ? Tout aussi « Space » que « Cultissime » ! Mike a loué une grosse berline, une Chrysler V8. J’hallucine en payant le premier plein. L’essence au gallon aux USA coûte moins cher que le prix au litre en France, et j’ai la bonne surprise de payer moins cher le plein du V8 que de mon AX de l’époque…

LOS ANGELES 1994 - Black Sunday sur Venice Beach

Route de Las Vegas...

LOS ANGELES 1994 - Black Sunday sur Venice Beach

Route de Las Vegas...

LOS ANGELES 1994 - Black Sunday sur Venice Beach

Route de Las Vegas...

La route pour Las Vegas est interminable. Une longue ligne droite que l’on a l’impression de parcourir au ralenti, et sur laquelle nous réussirons tout de même à prendre une prune, délivrée par un shérif bedonnant en « Ray-Ban » plus vrai que nature...

LOS ANGELES 1994 - Black Sunday sur Venice Beach

Arrivée à Las Vegas...

LOS ANGELES 1994 - Black Sunday sur Venice Beach

Mariage à Las Vegas...

LOS ANGELES 1994 - Black Sunday sur Venice Beach

Mariage à Las Vegas...

Deux nuits de motel avec une piscine à l’eau stagnante. Trois jours de Casino 24h/24h. Et un arrêt d’un quart d’heure dans une paroisse pour célébrer le mariage à la chaîne le plus kitch auquel j’aurai assisté. Pour quelques dollars de plus, nous pouvions avoir Elvis poussant un « Love me tender » comme témoin d’honneur. Dommage…

LOS ANGELES 1994 - Black Sunday sur Venice Beach

"L'ancien Las Vegas" de l'époque

LOS ANGELES 1994 - Black Sunday sur Venice Beach

"L'ancien Las Vegas" de l'époque

LOS ANGELES 1994 - Black Sunday sur Venice Beach

"L'ancien Las Vegas" de l'époque

Las Vegas est surréaliste. Nous alternons à toute heure du jour et de la nuit entre l’ancien Las Vegas et son ambiance vintage, aux spectacles grandioses des hôtels mythiques du nouveau Las Vegas. L’abordage des Pirates Hôtel Pirates des Caraïbes, le Dragon et les combats de chevaliers de « l’Excalibur ». Après 48h de Casinos non stop, j’arrive à avoir des hauts le cœur au simple son des pièces tombants dans « l’écuelle » des gagnants. Et me délecte en contre partie au restaurant devant des pièces de bœuf succulentes XXL accompagnées de Mouton Cadet pour « 3 francs 6 sous ». Les restaurants et les nuits d’hôtels ne coûtent « rien » ou presque à l’époque dans les grands hôtels de Las Vegas. Tout y est aménagé pour attirer les « flambeurs » du monde entier, et les garder suffisamment longtemps sur place pour qu’ils repartent invariablement les poches vides.

LOS ANGELES 1994 - Black Sunday sur Venice Beach

Nouveau Las Vegas de l'époque...

LOS ANGELES 1994 - Black Sunday sur Venice Beach

Nouveau Las Vegas de l'époque...

LOS ANGELES 1994 - Black Sunday sur Venice Beach

Nouveau Las Vegas de l'époque...

Plus fan de jeux vidéos que de machines à sous, je vivrai au Casino de l’hôtel Pirates des Caraïbes, un petit quart d’heure de gloire comme seuls les américains peuvent vous le procurer. J’attends mon tour à un jeu de vidéo de voiture au cœur du casino. Sauf que le jeu en question prend place dans une vrai voiture, un coupé Mazda décapotable, couplé à un écran géant sur le lequel est projetée la route. Une tuerie !

LOS ANGELES 1994 - Black Sunday sur Venice Beach

Nouveau Las Vegas de l'époque...

LOS ANGELES 1994 - Black Sunday sur Venice Beach

Nouveau Las Vegas de l'époque...

C’est mon tour. Je prends place dans le coupé en espérant passer inaperçu, à la française, des fois que je me prenne une tôle ! Mais Mike s’assoie à côté de moi dans le coupé, et m’agrémente de « Come on Yves », « Yeah Yves, you’re the best ! » à chaque fois que je dépasse une voiture. Deux minutes plus tard, je regarde dans le rétro ? j’ai une centaine d’américains amassés derrière la voiture qui applaudissent et me congratulent à chaque fois que je dépasse une voiture. Incroyable… Et légèrement distrayant !... Je m’extirperai deux minutes plus tard avec le meilleur score, ne sachant plus ou me mettre, ovationné par une foule en délire ! Ahhhh… L’Amérique !

LOS ANGELES 1994 - Black Sunday sur Venice Beach

Passage par SAN FRANCISCO, la mythique Lombard Street de Steeve McQueen...

LOS ANGELES 1994 - Black Sunday sur Venice Beach

Passage par SAN FRANCISCO, la mythique Lombard Street de Steeve McQueen...

LOS ANGELES 1994 - Black Sunday sur Venice Beach

Passage par SAN FRANCISCO, de la mythique Lombard Street de Steeve McQueen à Alcatraz en passant par le Golden Gate...

Nous retournons à Los Angeles en faisant un détour par San Francisco. Un passage obligé par le Golden Gate, un arrêt photo devant Alcatraz, et le plaisir de descendre la mythique Lombard Street, rendue célèbre par Steve McQueen dans « Bullit ».

LOS ANGELES 1994 - Black Sunday sur Venice Beach

ALCATRAZ...

LOS ANGELES 1994 - Black Sunday sur Venice Beach

Passage par SAN FRANCISCO, le Port...

Il règne une ambiance et un parfum étonnamment européens dans cette ville de la côte ouest des Etats Unis. Je regretterai de ne pas rester plus longtemps pour découvrir San Francisco. Une autre fois peut-être avec Isa et Romane…

LOS ANGELES 1994 - Black Sunday sur Venice Beach

Basketteurs de Venice...

LOS ANGELES 1994 - Black Sunday sur Venice Beach

Basketteurs de Venice...

LOS ANGELES 1994 - Black Sunday sur Venice Beach

Basketteurs de Venice...

Je retrouve avec plaisir les « figures » de Vénice Beach. L’effigie géante de Jim Morison sur notre immeuble. Notre brigade de sauvetage en mer nettement moins féminine et sexy que celle de « Alerte à Malibu ».

LOS ANGELES 1994 - Black Sunday sur Venice Beach

Venice, les SDF... L'homme de gauche, addict au crack sera retrouvé mort quelques jours plus tard...

LOS ANGELES 1994 - Black Sunday sur Venice Beach

Venice, les SDF...

Les SDF plus ou moins show men ayant pris domicile jusqu’à sur la pelouse de Vénice.

LOS ANGELES 1994 - Black Sunday sur Venice Beach

Concours de Muscle Beach...

LOS ANGELES 1994 - Black Sunday sur Venice Beach

Concours de Muscle Beach...

LOS ANGELES 1994 - Black Sunday sur Venice Beach

Concours de Muscle Beach...

Les culturistes de tout âge de Muscle Beach.

LOS ANGELES 1994 - Black Sunday sur Venice Beach

Concours de Muscle Beach...

LOS ANGELES 1994 - Black Sunday sur Venice Beach

Concours de Muscle Beach...

L’athlète aux tablettes de chocolat qui s’entraîne le visage caché sous un chapeau chinois, et qui termine sa séance de musculation par un aller retour sur la promenade jusqu’à Santa Monica, dans l’espoir d’attirer l’attention d’un producteur d’Hollywood…

LOS ANGELES 1994 - Black Sunday sur Venice Beach

Venice, les Figures de Venice Beach...

LOS ANGELES 1994 - Black Sunday sur Venice Beach

Venice, les Figures de Venice Beach...

LOS ANGELES 1994 - Black Sunday sur Venice Beach

Venice, les Figures de Venice Beach...

Il y a le cartomancien, les diseurs de bonne aventure, les prédicateurs, les revendicateurs, les dessinateurs, les artistes et jongleurs de rues, les show-men en tout genre, et le petit Mickael Jackson en herbe.

LOS ANGELES 1994 - Black Sunday sur Venice Beach

Venice, les Figures de Venice Beach...

Tout n’est qu’apparence sur Vénice Beach, et l’important est d’y être vu. Mike lui-même ne sait pas dire un mot sans prendre une mimique où l’intonation d’une star « hollywoodienne ».

LOS ANGELES 1994 - Black Sunday sur Venice Beach

Venice, la troupe des Bad Boys...

LOS ANGELES 1994 - Black Sunday sur Venice Beach

Danseuse dans son trip...

Et puis il y a les patineurs. Le spectacle des « bimbos » aux cuisses interminables se baladant sur la piste de roller le long de la plage jusqu’à Santa Monica.

LOS ANGELES 1994 - Black Sunday sur Venice Beach

Venice, la troupe des Bad Boys...

LOS ANGELES 1994 - Black Sunday sur Venice Beach

Venice, la troupe des Bad Boys...

LOS ANGELES 1994 - Black Sunday sur Venice Beach

Venice, la troupe des Bad Boys...

La troupe des Bad Boys faisant le buzz devant le snack du même nom. Les danseurs et danseuses solo « à roulettes » plongées dans leur trip...

LOS ANGELES 1994 - Black Sunday sur Venice Beach

"Harry Perry"...

Et il y a également le célèbre Harry Perry, « Guitariste emblématique et enturbanné à Roller », qui accompagne les passants d’un air de musique sur Vénice depuis 1973, pour vendre ses CD.

A l’époque, Harry Perry, musicien controversé dont on se demande s’il vend plus son image que sa musique, attaquait systématiquement au droit à l’image, l’exploitation de toutes photos faite de lui dans les médias. A suivre donc, en espérant que vous n’ayez pas à m’apporter des oranges en prison…

LOS ANGELES 1994 - Black Sunday sur Venice Beach

Robert Gruenberg...

Si tout ce beau monde habite les lieux et fait le show sept jours sur sept, les badauds que je croise sur Vénice eux, varient selon le jour de la semaine. Du lundi au vendredi, c’est le « culte du corps » ! Nous ne rencontrons sur Vénice que quelques habitants aisés de Los Angeles, souvent bronzés, souvent très musclés, et la plupart du temps liftés. Le week-end est tout autre et voit une étonnante mutation de la population su Samedi au Dimanche. Le Samedi, Vénice devient le lieu de sortie de l’Amérique profonde, blanche et souvent obèse, qui déambule sur la jetée en consommant des seaux de coca et de pop corn. Les jeunes et moins jeunes s’émerveillent en famille devant une autre figure emblématique de Vénice, Robert Gruenberg, un artiste de rue qui n'hésite pas à jongler avec des boulles de bowling et des tronçonneuses en marche !!!

LOS ANGELES 1994 - Black Sunday sur Venice Beach

Robert Gruenberg, et le Nordiste pacifique...

Tandis que je le prends en photo lors d’une unième représentation de son spectacle, Robert Gruenberg me prend à partie pour faire rire l’assistance, en se moquant du « mignon petit Français » dans le public. C’est sûr que je fais frêle entre les quintaux bien tassés des américains qui m’entourent. Mais je coupe court à ses railleries en lui demandant s’il veut que je parle à tout le monde de son « boy friend », en désignant du doigt un « faux spectateur » grunge et obèse qui lui sert de faire valoir pendant son spectacle. Robert me regarde en souriant. Il me salue de la tête avec un air complice, et reprend son spectacle…

LOS ANGELES 1994 - Black Sunday sur Venice Beach

Finale de la coupe du monde 94 dans un bar de Venice...

LOS ANGELES 1994 - Black Sunday sur Venice Beach

Finale de la coupe du monde 94 dans un bar de Venice...

Autres moments fort du week-end, les matchs de la coupe du monde de Football de 94 aux Etats-Unis. Coupe du Monde de laquelle nous serons évincés par à un but de dernière minute en match éliminatoire à domicile de Stoïkovitch, le bourreau Bulgare de la France.

LOS ANGELES 1994 - Black Sunday sur Venice Beach

Finale de la coupe du monde 94 dans un bar de Venice...

Je suivrai la finale de la Coupe du Monde dans un bar de Venice, entouré de supporters Italiens et Brésiliens, littéralement en transe lors de la séance épique de tir aux buts, qui verra la victoire méritée du Brésil.

LOS ANGELES 1994 - Black Sunday sur Venice Beach

Encadrement policier du "Back Sunday"...

Le père de Mike a décédé quelques jours plus tôt. Et j’assiste en fin d’après midi samedi dans une église du centre de Los Angeles, à l’oraison funèbre en présence d’une centaine de convives. Je suis le seul blanc de l’assistance. Le jeune prêtre noir déclamant son speech du haut de son perchoir, est étonnamment agressif. Je serai très surpris le soir, lorsque nous nous retrouverons en famille dans la maison des parents de Mike à manger des seaux entiers d’ailes de poulets grillées sur les canapés recouverts d’un film plastic, que le jeune prêtre noir ne daigne ni m’adresser la parole ni même me serrer la main. Le jeune prêtre black passera sa soirée à me dévisager d’un air tout aussi agressif que son oraison de l’après midi. Ce sera ma première confrontation à Los Angeles avec le racisme anti blanc. La seconde viendra le lendemain lors d’une rencontre épique avec les Blacks Mulslims de Vénice Beach lors du « Black Sunday ».

LOS ANGELES 1994 - Black Sunday sur Venice Beach

Encadrement policier du "Back Sunday"...

Un nouveau jour se lève sur Vénice Beach. La ville est sous haute tension. Nous sommes Dimanche et comme chaque semaine, tous les blacks et les gangs de Los Angeles descendent sur Vénice. C’est le « Black Sunday », largement encadré le long de la jetée et à chaque croisement de rue par la L.A.P.D (Los Angeles Police Department).

LOS ANGELES 1994 - Black Sunday sur Venice Beach

Encadrement policier du "Back Sunday"...

Il y a à chaque carrefour les traditionnels véhicules de police noirs et blancs arborant le fameux adage « To Protect and to Serve ». Il y a les policiers à vélo, quelques véhicules blindés équipés de pare buffles, et même la police montée. Tous les corps de police sont représentés, et tous les officiers de police présents jouent sur des œufs. Le souvenir des émeutes de 1992 des populations noires de Los Angeles est encore dans tous les esprits. Le monde entier est resté « scotché » devant les retranscriptions continues des équipes de TV en hélicoptères, filmant en direct des images de violences et de destruction à ciel ouvert de la banlieue de Los Angeles en flamme, de boutiques pillées, de scènes de bastonnades et d’échanges de coups de feu entre les émeutiers et les forces de l’ordre.

LOS ANGELES 1994 - Black Sunday sur Venice Beach

Encadrement policier du "Back Sunday"...

LOS ANGELES 1994 - Black Sunday sur Venice Beach

Encadrement policier du "Back Sunday"...

Les émeutes à Los Angeles débutent le 29 avril 1992, après qu’un jury composés de dix blancs, un asiatique et un latino acquitte quatre officiers de police accusés d’avoir passé à tabac un automobiliste noir américain, Rodney King, après une course poursuite pour excès de vitesse. Les émeutes durent 6 jours, durant lesquels on enregistre une cinquantaine de morts, plus de 2000 blessés, 4000 arrestations, 3600 départs de feu, plus de 1000 bâtiments détruits, et près de 1 milliard de dollars de dommage matériel. Les violences se propageront dans de nombreuses villes de la côte Est et de la cote ouest…

LOS ANGELES 1994 - Black Sunday sur Venice Beach

Encadrement policier du "Back Sunday"...

Outre le verdict du procès de Rodney King, les émeutes de Los Angeles de 1992 prennent leur source dans un taux de chômage élevé parmi la communauté noire, dans une police locale perçue comme raciste et brutale, et dans le verdict récent du procès d’un propriétaire de magasin coréen, acquitté pour le meurtre d’une adolescente afro américaine… En 93, les quatre officiers de police ayant tabassé Rodney King, seront rejugés et condamnés à deux et demi de prison.

LOS ANGELES 1994 - Black Sunday sur Venice Beach

"Black Sunday" sur Venice Beach...

LOS ANGELES 1994 - Black Sunday sur Venice Beach

"Black Sunday" sur Venice Beach...

LOS ANGELES 1994 - Black Sunday sur Venice Beach

"Blacks Muslims" sur Venice Beach...

Le Black Sunday bat son plein. Vénice Beach est noire de monde quand débarque en milieu d’après midi un escadron des Blacks Muslims. Un prédicateur noir habillé en apache, est encadré d’une dizaine de blacks athlétiques habillés de noir, lunettes noires et rangers, tous armés d’un grand bâton. L’équipée monte un stand sur la pelouse de Vénice Beach et le prédicateur commence son prêche sous l’œil de la police qui veille au grain. Le black habillé en apache clame au micro que Jésus n’est pas le fils de Dieu mais un prophète, que lui et les apôtres sont tous noirs africains, que l’église catholique et la bible sont une imposture, que le Christianisme est la religion de l’esclavagisme et bla bla bla… L’homme distribue des tracts en prenant soin de ne les donner qu’aux noirs. Je regarde amusé le prédicateur éviter ma main tendue et passer devant moi sans me donner de tract…

LOS ANGELES 1994 - Black Sunday sur Venice Beach

"Blacks Muslims" sur Venice Beach...

Les Black Muslims sont un shiisme de la Nation Of Islam, né en 1978. La nation of Islam est elle-même fondée à Détroit en 1930 par Wallace Fard Muhammad. Considéré par l’organisation comme le messie, puis comme le Dieu incarné, l’homme est né selon la légende à la Mecque en 1877, et abandonne son incarnation physique en 1934, date à laquelle il disparaît mystérieusement. Selon le FBI il est né en 1891 en Nouvelle Zélande, entre au USA en 1913, est arrêté en 1918 pour attaque à main armée, puis 10 ans plus tard pour infraction à la loi sur la prohibition de l’alcool, et aurait fait de la Prison à la fin des années 30 pour infraction à la loi sur les stupéfiants…

LOS ANGELES 1994 - Black Sunday sur Venice Beach

"Blacks Muslims" sur Venice Beach...

A la disparition de Wallace Fard Muhammad, le mouvement encore groupusculaire est repris par Elijah Muhammad. Le mouvement recrute Malcom X en 1952. Excellent orateur, Malcom X développera le mouvement de par ses multiples et brillantes interventions sur les plateaux TV, et ses interviews régulières dans la presse écrite et à la Radio. La Nation Of Islam n’a pas à l’époque grand-chose à voir avec l’Islam. Selon elle, l’Islam est la véritable religion de l’homme noir, et est réservée aux populations de couleur. Les blancs sont une race inférieure, créée par un scientifique noir du nom de Yacub. Le Christianisme, la religion des blancs, est la religion de l’esclavage et du mal, et les mariages inter raciaux sont interdits…

LOS ANGELES 1994 - Black Sunday sur Venice Beach

"Blacks Muslims" sur Venice Beach...

Le 8 Mars 1964, Malcom X annonce son départ de la NOI, fait son pèlerinage à la Mecque en Avril pour découvrir la véritable nature de L’islam et est assassiné de 15 balles en février de l’année suivante. 3 membres de la NOI sont reconnus coupables en 1966. Elijah Muhammad tiendra le mouvement de sa poigne ferme et malfaisante jusqu’à sa mort en 75, désignant son 7e fils, Warith Deen Muhammad pour lui succéder. En 3 ans, influencé par la pensée de Malcom X qu’il réhabilitera dans le mouvement, Warith Deen Muhammad transforme de fond en comble l’idéologie du mouvement, l’amenant comme le souhaitait Malcom X, sur une base religieuse Sunnite orthodoxe, tout en rompant avec l’idéologie raciste de son père. Le nom de Nation of Islam est lui-même remplacé par Muslim American Society. Warith Deen Muhammad devient un leader religieux respecté et incontournable au USA. Il lui sera demandé de faire une prière au Senat américain en 1992. C’est lui qui fera la prière musulmane lors de la prière interconfessionnelle pour l’investiture du président Clinton en 93 puis en 97.

LOS ANGELES 1994 - Black Sunday sur Venice Beach

Altercation avec les "Blacks Muslims"...

Le shiisme des Blacks Muslims nait en 1978, lorsque des membres historiques de l’ancienne Nation Of Islam, dirigée par Louis Farrakhgan, décident de se réorganiser autour des enseignements racistes et nationalistes afro américains d’Elijah Mohamed. La faction Black Muslims n’est pas reconnue comme musulmane mais comme une secte. Le poids réel de cette organisation est difficile à estimer et comprendrait aujourd’hui aux USA entre 1 et 2 millions de Blacks Muslims…

LOS ANGELES 1994 - Black Sunday sur Venice Beach

Altercation avec les "Blacks Muslims"...

Une fois ses tracts distribués, le prédicateur repart de plus belle dans un nouveau délire. Un américain blanc, excédé, va au devant des Black Muslim et demande au prédicateur de se taire. A ma grande surprise, l’homme se fait aussitôt interpeler par la police, et repart menotté sous les applaudissements des quelques blacks écoutant les sermons de « l’apache » ! Effarant !

LOS ANGELES 1994 - Black Sunday sur Venice Beach

Arrestation de l'Américain blanc suite à son altercation avec les Blacks Muslims...

A la fin du Black Sunday, les blacks Muslims repartent comme ils sont venus, en rang par deux et au pas de l’oie ! Les rues de Vénice se dépeuplent peu à peu. La police souffle. Elle ne dénombre que quelques arrestations bénignes de pickpockets, d’escarmouches sous l’emprise de l’alcool, et le blanc ayant voulu faire taire les blacks muslims.

LOS ANGELES 1994 - Black Sunday sur Venice Beach

Venice beach, Avant, Après...

La nuit tombe sur Vénice Beach… Il est l’heure de rentrer pour éviter demain d’être comptabilisé dans les Shoots and Run de la veille. C’est la fin de mon premier séjour aux « Etats Unis». Le second avec mon épouse, à New York, sera tout aussi extraordinaire et riche d’enseignements sur ce pays hors du commun. Mais ça, c’est une autre histoire !

LOS ANGELES 1994 - Black Sunday sur Venice Beach

La nuit tombe sur Venice Beach...

commentaires

Le plaisir d'une photo 05/07/2014 12:47

Bravo, je suis tombé sur votre site par "la chaine photo" ou j'ai vu votre reportage sur le pakistan et je ne me suis plus arrêté: entre le Yemen et Venice beach. Des reportages intéressants, bien documentés et illustrés. Votre style photographique type argentique, nous donne l'impression de faire un bon dans le temps et l'espace!

Une question combien de temps restez-vous pour faire vos reportages? Je suis impressionné par le nombre de rencontres et vos connaissances sur chacune d'elles!
Continuez!

Yves Mailliere 07/07/2014 10:30

Merci pour votre intérêt. Le temps que je passe est très variable et question d'opportunité et d'opportunisme. Pour ce reportage, je suis resté 1 mois à Vénice Beach. Alors que j'ai fais le reportage sur le Chantier de Gaddani au Pakistan sur une seule journée, même si j'aurais souhaité y rester beaucoup plus.
Amicalement. Yves.

josée 27/05/2014 21:08

hé bien ce n'est pas banal ni ennuiyant ! MERCI pour ce retour dans le passé .

Mailliere Yves 28/05/2014 08:26

Merci Josée d'avoir pris le temps de me lire :)

Village Center 27/12/2013 15:40

Vraiment énorme toutes ces photos sur Los Angeles ! Franchement, c'est vraiment très bien fait. A la croisée entre les "clichés" sur les USA et ce que sont les USA réellement. Beau travail !

Mailliere Yves 27/12/2013 16:56

merci beaucoup pour votre message :)

Gilda 05/08/2013 21:55

J'ai lu ton reportage de la première à la dernière ligne. Comme toujours, c'est super. A mon avis un des plus forts avec celui sur le Yemen. Bravo. J'attends New York avec impatience.....

Yves Mailliere 05/08/2013 22:16

Gilda, bonsoir. Je te remercie très sincèrement pour ton message. Amitiés sincères. Yves

Franck 05/08/2013 17:35

Sublime, énorme, magnifique !!!
un vrai polar !!
merci
( je suis passé par chasseur d'images)

Mailliere Yves 08/11/2015 10:28

Merci Romieu :) :) :)

Romieu 07/11/2015 21:30

Sublime ...on s'y croirait....j'etais en 1993 en Louisiane et j'ai ressenti les memes sensations que toi sur le sujet blancs-noirs : sur le Campus près de new Orléans sur lequel j'ai vécu 6 mois en tant qu'étudiant étranger, la cantine était divisée en 2 : la "black site " et la " white side"...impressionnant au premier abord lorsque tu débarques de France ...c'était en,pleine sortie du film "Malcolm X", période "back to the roots" pour les jeunes noirs américains...ils ne parlaient qu'à nous les frenchies, même si nous étions blanc....ils étaient fascinés par l'histoire des colonies , des tirailleurs sénégalais , du fait que les noirs parlaient français couramment en France etc.....bref, on a pas mal échangė avec eux sur le campus...,les blans étant plutôt des rednecks de base incultes et super racistes...

Franck 08/08/2013 13:00

Pas de soucis...j'ai envoyé ton lien à des globetrotteurs qui vont adorer tes récits...
A plus tard au détour d'un chemin !!

Yves Mailliere 05/08/2013 18:45

Franck, un énorme merci pour ton message. N'hésite pas à cliquer sur J'aime de ma page FaceBook si tu veux suivre mon activité. Amicalement. Yves. https://www.facebook.com/ChroniquesDeVoyages

Haut de page